Combiner la génétique à l’action en prévention : la petite histoire d’une alliance naturelle pour le Grand Défi Pierre Lavoie, l’IUCPQ et Génome Québec.
Par le blogueur invité Jean-Pierre Després, Ph. D.
Directeur de la recherche en cardiologie
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec
Professeur en kinésiologie, Faculté de médecine
Université Laval
Publié le 25 février 2014
Extrait du blog « Combiner la génétique à l’action en prévention : la petite histoire d’une alliance naturelle pour le Grand Défi Pierre Lavoie, l’IUCPQ et Génome Québec » mis en ligne le 25 février.
Pour le texte complet: https://www.legdpl.com/le-blogue-de-pierre/combiner-la-genetique-a-laction-en-prevention
Nouveau partenariat avec Génome Québec
Compte tenu du passé de Pierre et de sa compréhension fine de la génétique et de son importance pour la santé des individus et en raison de l’importance de l’espace occupé par le Grand défi Pierre Lavoie et le Grand Défi Entreprise dans le paysage préventif québécois, il était normal qu’une grande organisation comme Génome Québec contacte Pierre et Germain afin de réfléchir avec eux à la possibilité d’un partenariat.
Génome Québec est une organisation bien connue des chercheurs du monde biomédical. Cette organisation coordonne, catalyse et supporte le financement de la recherche en génétique au Québec et des projets majeurs sont en cours. Ces travaux sont d’une importance capitale dans notre compréhension des maladies et dans la recherche de nouveaux traitements. Il est par contre aussi clair que notre bagage génétique interagit avec notre mode de vie pour déterminer notre risque de maladies coûteuses sur le plan personnel et financier pour notre société comme l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Ainsi, nous pouvons combattre, dans une certaine mesure, notre mauvaise génétique en mangeant mieux et en bougeant plus.
Génome Québec a donc conclu un partenariat avec le GDPL. Génome Québec apportera son expertise scientifique en génétique alors que le GDPL mettra à contribution son expertise d’agent mobilisateur sur le terrain. Finalement, en raison de notre collaboration historique avec le GDPL, l’IUCPQ continuera à fournir l’expertise scientifique sur l’importance des habitudes de vie. En bref, pour utiliser une expression chère aux amateurs de hockey, nous avons formé un trio qui devrait parfaitement se compléter, être très productif et fournir beaucoup d’action !
Première action conjointe
Afin de lancer officiellement ce partenariat, nous avons organisé, les 13-14 février derniers, le tout premier Symposium international génomique et prévention en santé personnalisée qui s’est tenu au Centre des sciences de Montréal. Ce symposium nous a permis d’inviter les plus grands experts internationaux du domaine de la génétique et nous les avons fait interagir avec les spécialistes du mode de vie et de la prévention par l’alimentation et l’activité physique.
À la lumière de la participation enthousiaste des chercheurs et des spécialistes, et forts des commentaires très positifs reçus des participants, nous sommes très satisfaits de constater que ce premier colloque a été un grand succès et qu’un consensus émerge de cette réunion.
Pierre, son organisation et leurs projets ont beaucoup impressionné la communauté scientifique internationale qui considère que le Québec est privilégié de pouvoir compter sur un champion qui est aussi un acteur de terrain charismatique, convaincant, et qui a également la volonté d’être rigoureux sur le plan scientifique dans sa démarche.
Les participants ont aussi reconnu que le Québec pourrait se faire une niche originale unique au monde en combinant des analyses génétiques sophistiquées à des mesures exhaustives de notre profil de santé, de notre mode de vie et de notre condition physique.
Un grand projet québécois sur tous les éléments de notre mode de vie en lien avec notre patrimoine génétique pourrait être lancé à la grandeur du Québec en utilisant le GDPL comme agent de mobilisation.
Des messages simples mais importants en prévention
Des conférenciers de prestige ont également permis de dégager des concepts très importants pour la santé des Québécois :
1- Il est aussi important de faire attention à ce que l’on boit qu’à ce que l’on mange. La surconsommation de boissons sucrées est un fléau mondial qui contribue à l’épidémie d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Limiter sa consommation de boissons sucrées et s’hydrater préférentiellement avec de l’eau est un geste simple pour améliorer la qualité de notre alimentation;
2- Il est plus important de se préoccuper de la qualité nutritionnelle globale que de la teneur en gras de notre alimentation, car il y a des bons gras (ex. : huile d’olive, huile de canola) et des mauvais gras (ex. : huile de palme, gras trans, huiles transformées par l’industrie). Il existe par ailleurs cinq indicateurs simples de qualité nutritionnelle : 1- les légumes et les fruits; 2- le poisson; 3- les fibres et les céréales à grain entier; 4- la faible teneur en sel; et 5- la faible consommation de boissons sucrées;
3- La qualité nutritionnelle et l’activité physique sont toutes les deux des facteurs essentiels à la prévention de l’obésité et des maladies sociétales;
4- Notre flore intestinale, qui est très affectée par la qualité et la variété de notre alimentation, a aussi un impact important sur notre santé.
Ainsi, mangeons varié, consommons des aliments les moins transformés possible, évitons le sel et le sucre ajoutés, faisons attention à ce que nous buvons et n’oublions surtout pas de bouger presque tous les jours !
Finalement, durant le congrès, le scientifique en chef du Québec, le Dr Rémi Quirion, est venu donner sa caution à ce partenariat en le citant comme exemple, en soulignant que « c’était la chose à faire ». Son exposé a été suivi d’une intervention très remarquée du ministre de la Santé, le Dr Réjean Hébert. Celui-ci a livré un exposé remarquable sur une vision en prévention pour le Québec. Le défi sera maintenant de transposer cette vision dans l’action. Toutefois, compte tenu de l’enthousiasme et de l’engagement personnel du ministre devant la mission du Grand Défi (il a couru avec les jeunes et il a fait la Boucle de 135 km l’an dernier), je suis de plus en plus optimiste : si la tendance se maintient et si le Grand Défi continue de recevoir la reconnaissance qu’il mérite non seulement de la population, mais également du monde politique, le Québec pourra éventuellement occuper une place avantageuse parmi les peuples les plus en forme et en santé dans le monde.
Le défi est de taille, mais le succès de ce premier congrès, l’enthousiasme qu’il génère de la part des milieux politique et scientifique et la volonté des partenaires impliqués laissent présager des actions concrètes non seulement pour la création du savoir dans le domaine de la médecine préventive personnalisée, mais également pour son transfert rapide vers la population. Longue vie au partenariat entre le Grand défi Pierre Lavoie et Génome Québec ! Ils pourront compter sur l’appui enthousiaste de notre équipe à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec !